Quelle galère, cette frontière !!!

Un grand moment que nous attendions depuis longtemps: les grands-parents sont venus nous rejoindre en Thailande pour 3 semaines de vacances, dans notre année de « vacances ». Héloïse comptait les jours. Un matin, à l’aéroport de Bangkok, nous les attendons et soudain, ils surgissent: Mamie (la maman de Fred), Mimi (la maman d’Estelle) et Grand-Pa (le papa d’Estelle) sont là, pas en skype, mais en chair et en os ! Héloïse se précipite et, dès les bisous finis, le verdict tombe: « vous avez grossi !  » dit Mamie, surprise, comme nous d’ailleurs. « Ca se voit tant que ça ? » pensé-je. « Ca doit être grave grave… ». A: Bangkok         B: Point de passage frontière à Poipet

C: Siem Reap / Angkor            D: Koh Chang

Après 3 jours de visite, nous quittons Bangkok pour Siem Reap et Angkor au Cambodge. Départ à 6 heures du matin pour un voyage en mini-bus que je redoute. En effet, la frontière Thailande-Cambodge à Poipet est réputée sur internet pour ses arnaques en tous genres. Des récits angoissés de voyageurs emplissent les forums, notamment les plus redoutables: ceux qui disent « je le savais, mais je me suis fait avoir quand même… ». Mais, ayant arrangé un mini-bus pour la partie Thai et un autre pour la partie Cambodgienne, je pense avoir minimisé les risques.

Après 4 heures de route, nous arrivons à la frontière. Tout le mode est briefé: on ne répond pas aux sollicitations, chacun ses bagages, on fonce, on remplit les papiers, on passe et on récupère le mini-bus de l’autre côté. Simple. Précis. Efficace. Le mini-bus s’arrête. Nous en sortons. La chaleur nous tombe dessus, tout comme les Thais avec leurs charrettes à bras qui nous proposent de porter nos 14 sacs et valises. L’un des grands-parents cède à la tentation et à la chaleur: « et si on prenait une charrette? ». Moi: « je ne pense pas que ce soit une bonne idée…mais bon ». Décision majoritaire: « on prend une charrette ! ». On charge les bagages et là on se rend compte du problème…

Il faut que nous allions vers le bureau des passeports pendant que la charrette fait le tour par l’extérieur. Hors de question de quitter les bagages des yeux, mais hors de question de les porter…Bref, Grand-Pa et Estelle iront suivre les bagages pendant que les autres passent l’immigration et, une fois passés, nous les remplacerons. Mimi, Mamie, Héloïse et moi faisons la queue. Sans encombre, nous arrivons au guichet et là, les événements s’enchainent: Mimi a perdu sont formulaire de sortie de Thailande et moi je m’aperçois que nous devons demander un visa de ré-entrée pour Héloïse, Estelle et moi sous peine de payer 10000 Bahts (250 euros) par jour de dépassement à la fin de notre séjour Thailandais dans quelques semaines…Mimi est bloquée, elle doit récupérer sa valise qui est dehors car le formulaire se trouve peut-être à l’intérieur, mais il faut pour cela recontacter Estelle, qui n’est pas joignable. Après 15 minutes, la valise arrive, Mimi l’ouvre en grand sous le regard goguenard des passants. Pendant ce temps, la douanière thai me dit qu’il faut des photos d’identité pour le visa de ré-entrée. Des photos ? Mais elles sont où ? « Je ne ne sais pas » me dit Estelle au téléphone. Panique généralisée…les valises sont ouvertes, le désespoir monte et les minutes passent pendant que Estelle et Grand-Pa cuisent sous un soleil de plomb à 38°c depuis plus d’une heure. Soudain, Estelle a un éclair de génie, elle retrouve des photos et Mimi son formulaire de sortie…C’est fait ! Mais non ! Il est maintenant l’heure de déjeûner et la responsable pouvant signer notre formulaire de ré-entrée avait faim. Encore 30 minutes d’attente et le sésame est délivré. Nous passons la frontière Thailandaise et devons recommencer avec le Cambodge…

300 m de marche dans le no man’s land sous le soleil ne nous font pas peur. On s’organise. Je pars chercher le chauffeur de notre mini-bus qui doit bouillir dans tous les sens du terme après 2 heures d’attente. Je le trouve errant désespéré (mais souriant) dans le no man’s land. Il est heureux de nous voir et prend en charge la charrette, on peut lui faire confiance, il est envoyé par notre hôtel de Siem Reap. Il me montre un mini-bus. Je souris… Je vais passer les formalités cambodgiennes puis vais le revoir. Il a disparu…heureusement, pas nos bagages qui restent avec le porteur Thai qui doit se demander sur quels fous il est tombé. Et surtout, ironie de la chose, Estelle et Grand-Pa ont surveillé les bagages et le porteur sous le soleil pour rien puisque ce monsieur est resté tout seul avec nos bagages pendant 10 minutes. S’il avait été malhonnête, c’était sa fête. Mais il ne l’était pas…Est-ce une leçon pour nous faire avoir plus confiance à la nature humaine qu’à internet ?

Je suis le premier à finir les formalités, découvre que le chauffeur a disparu, c’est donc à mon tour d’attendre sous le soleil de plomb. Héloïse me rejoint et est immédiatement prise d’un coup de chaleur: « Papa, j’ai chaud, je vais m’évanouir ». Tiraillé entre nos bagages et ma fille, je choisis ma fille (!) et l’emmène lui acheter à boire. Finalement, elle survit et tout le monde arrive. A ce moment-là, nous apprenons que le mini-bus n’est que provisoire et qu’on va nous emmener ailleurs vers un terminal où un autre mini-bus nous attend…exactement le type d’arnaque décrit par les témoignages sur internet…J’ai du mal à avaler la nouvelle mais me tait pour ne pas déclencher la panique à bord. Et j’ai raison puisque nous arrivons enfin à notre mini-bus avec un autre chauffeur qui nous attend…Je dis alors à l’homme que j’avais trouvé dans le no man’s land pensant que c’était notre chauffeur: « but who are you exactly? ». Je n’ai jamais vraiment compris la réponse mais, finalement, nous embarquons.

Après 3 heures d’attente et d’émotions, nous sommes au Cambodge dans notre mini-bus, et 2 heures plus tard, arrivons à Siem Reap pour découvrir Angkor. Des 4 jours de visite à Angkor, nous retiendrons surtout les magnifiques temples bien sûr, mais aussi la châleur, la foule des touristes, notamment asiatiques, ceux qui font beaucoup plus de bruit que les autres, même que les hordes braillardes venant de notre doux pays de France. Angkor est l’Acropole de l’Asie. Nous y reviendrons dans un autre article.

Le retour vers la Thailande et la re-passage de la frontière de Poipet s’annoncent car nous allons passer une semaine dans l’ile thailandaise de Koh Chang. Cette fois, nous sommes prêts et organisés. Nous garderons nos bagages avec nous, resterons groupés et déterminés.

Arrivée au poste-frontière de Poipet. A peine descendus du mini-bus, Estelle dit qu’elle s’est fait mal au dos. Pas grave, on continue, on reste groupés… Le mal de dos est assez fort, elle ne peut ni porter, ni tirer ses valises. Nous passons sans trop d’encombre le poste cambodgien et devons marcher 300 m pour atteindre le poste thai. Très vite, le mal de dos empire, c’est maintenant Estelle qu’il faut porter, en plus de ses valises, pour péniblement atteindre la queue du côté Thailandais. La queue est en plein soleil et il fait pas loin de 40°C. Les douaniers thai sont vraiment des sadiques. Ils font attendre les gens au soleil alors que l’intérieur du poste pourrait contenir facilement 50 personnes de plus à l’ombre.

L’attente est longue, c’est l’heure du déjeûner, donc de la pause des douaniers, et les gens passent au compte-goutte. Elle est trop longue pour Estelle, qui fait un malaise. On l’allonge d’abord par terre. puis, ayant trop chaud au soleil, il faut la transporter à l’ombre car elle ne peut plus marcher. Cela nous permet de couper la queue mais Estelle reste allongée par terre dans le poste-frontière. Je pars à la recherche du mini-bus et, mauvaise nouvelle, il faut marcher plus de 500 m pour le trouver. 500 m de calvaire pour Estelle qui les fait pas à pas soutenue par deux d’entre nous.

Nous y arrivons finalement, partons pour 4 heures de route supplémentaires avant d’arriver à Koh Chang pour une semaine de repos complet, repos bienvenu puisque Estelle a le premier lumbago de sa vie…

Au final, nous avons galéré, mais, à part la châleur, c’est avant tout pour des raisons qui tiennent à nous-mêmes. Tous les gens que nous avons rencontrés à Poipet étaient plutôt sympas et honnêtes…Comme quoi…on ne peut jurer de rien ou bien avons-nous eu de la chance.

Tout est bien qui finit bien, devant le coucher de soleil de Koh Chang, hâvre de paix pour les dos endoloris !

  • phandara

    Bonsoir Monsieur,
    En lisant votre article je me suis dis quelle aventure ou plutôt quelle galère !!! J’admire  votre courage et votre patience dans ce type de voyage avec votre famille. Je connais assez bien la Thailande et le Cambodge car j’y vais assez souvent pour  mes affaires! En général les gens de ces pays sont assez sympathiques et honnêtes mais dans les milieux touristiques il faut toujours faire attention et restons très vigilant !  Toujours être muni de chapeau pour se protéger    la tête surtout pendant la saison sèche Avril-Août !! Enfin vous en sortez plutôt bien !!!  Et bonne continuation !….